AAAH ! CHAROLAIS…

Nous ne pouvions quitter Israël sans voir un kibboutz, mais il était hors de question d’aller dans un de ces kibboutz à touristes recommandés par le Lonely Planet ou le Routard. A quoi bon voyager si c’est pour suivre des routes sillonnées par tous les aventuriers de l’ère moderne connectés au monde à travers tablettes et GPS ?

Nous comptions sur le hasard et notre sens de l’observation entrainé par des années d’errance. Nous avions remarqué, lors de notre trajet en bus vers Jenin, de grands portails jaunes qui barraient la route et s’ouvraient sur notre passage pour permettre la traversée de villages construits sur les modèles utopiques du dix-neuvième siècle, il nous apparut logique qu’il ne pouvait que s’agir des communautés agricoles que nous recherchions. C’est dans un moshav que nous sommes arrivés lors de notre première recherche. Le moshav est l’équivalent capitaliste du kibboutz, la différence est dans l’organisation économique mais pour un visiteur extérieur, les deux communautés sont bien ressemblantes. Cette première visite nous laissa une impression étrange tant les habitants semblent tous  fonctionner à l’unisson, et je ne pus m’empêcher de penser au roman de John WYNDHAM,  Les coucous de Midwich  (plus connu sous le titre de Village of the damned, film de Wolf Rilla).

C’est la visite de Rosh Anicra dans le nord du pays, qui nous permit de nous faire une idée plus complète du fonctionnement d’un kibboutz avec la rencontre d’un des responsables de l’élevage.
Nous avions, devant nous, une dizaine de vaches Montbéliardes, des vaches à lait, mais le nom de Charolais fit, sur notre interlocuteur, l’effet d’un « Sésame ouvre toi ! ». Toute méfiance disparut de son visage qui s’illumina d’un large sourire tandis qu’il prononçait avec un accent inqualifiable « Aaaah ! Charolais… », accompagnant son exclamation d’un geste grandiloquent et laissant sa phrase en suspens. Les yeux brillants, il nous aurait livré tous les secrets de l’élevage s’il y en avait eu !

Les vaches sont équipées d’un bracelet électronique qui permet de les alimenter selon leurs besoins spécifiques. Tout, dans les kibboutz, semble réglé comme du papier à musique. Ici, rien n’est laissé au hasard de la nature, tout est scientifiquement contrôlé. Nous allions découvrir rapidement qu’il en était de même pour toute l’agriculture.

 

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