SOUKKOT – LE TEMPS DE NOTRE JOIE

Vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre avoth et des saules de rivière ; et vous vous réjouirez, en présence de l’Éternel votre Dieu, pendant sept jours.
Vous la célèbrerez cette fête pour l’Éternel, sept jours chaque année. C’est une règle immuable pour vos générations, au septième mois vous la fêterez.
Vous demeurerez dans des Soukkot durant sept jours ; tout citoyen en Israël demeurera dans des Soukkot, afin que vos générations sachent que c’est dans des Soukkot que J’ai fait résider les enfants d’Israël, quand Je les ai fait sortir du pays d’Égypte, Moi, l’Éternel, votre Dieu.  ( LÉVITIQUE  XXIII, 40-43 )

Voilà, le décor est planté ! A défaut d’espérer y assister un jour aux fêtes de Pessah ou Rosh Hashana, j’avais l’occasion d’aller à Jérusalem pour Soukkot, la fête des cabanes. Pour ceux qui imaginent les juifs comme des tristes sires vêtus de manteaux noirs et constamment en prière, cette fête sera sans doute des plus surprenantes car tout n’est qu’agitation et liesse dans tous les quartiers de Jérusalem Ouest.

Certes, les fameuses Soukkot, dont les caractéristiques de fabrication sont bien spécifiques, ne sont plus aujourd’hui que des tentes préfabriquées et simplement recouvertes de bambou,  il faut reconnaitre que la modernité contribue à une sorte d’homogénéité mais ces cabanes  n’en restent pas moins surprenantes lorsqu’on les trouve plantées sur le parking d’un immeuble collectif ou sur un balcon. La vieille ville est quotidiennement le théâtre d’un même rituel et on voit chaque jour des groupes de juifs hétéroclites, des plus traditionnels aux plus modernes se diriger vers la vieille ville avec le Loulav, lui aussi préfabriqué et emballé dans des plastiques qui rappellent ceux de nos fleuristes, acheté en début de semaine et qui devra résister jusqu’à la dernière prière. L’esplanade du Mur des Lamentations ne désemplit pas, et nous ne savons où donner de la tête tellement tout nous paraît extra-ordinaire. Malgré notre réticence à donner dans le cliché, il nous est difficile de ne pas déclencher jusqu’à atteindre les limites d’une pellicule qui bloque sur la dernière photo… de l’avantage de photographier en argentique ! Il arrive un moment où on se dit qu’il faut réfléchir et c’est ainsi que rapidement on prend la mesure de ce qu’il convient ou non de fixer sur la pellicule. Notre premier jour au Mur nous donne le vertige au point que nous préférons nous perdre le reste que la journée dans les ruelles des quartiers arabes de la vieille ville, beaucoup moins fréquentés par les touristes et qui, de fait gardent une certaine authenticité. Nous profiterons, d’ailleurs de ce calme pour boire un thé à la menthe dans un café uniquement peuplé d’hommes qui lisent, jouent aux cartes ou aux dés et qui invitent sourire aux lèvres la femme occidentale que je suis à prendre place auprès d’eux… Heureusement avec l’âge j’ai appris à jouer les potiches sans trop de mal !

Et puis, assis sur les restes de la muraille extérieure de la vieille ville, surplombant Jaffa Road, nous assistons à l’effervescence qui précède Shabbat. C’est indéniablement l’heure de pointe où chacun peste au volant de sa voiture, coincé au milieu des embouteillages, désireux d’arriver à la maison pour le début de Shabbat. Est-il possible, au vingt-et-unième siècle, dans un pays moderne, de craindre le divin courroux pour n’avoir pas respecté à la lettre, en temps et heure, les règles édictées par la religion ? Ne peut-on légitimement se demander quelle est la part de croyance et la part de folklore ? Quoi qu’il en soit, pendant Shabbat, Jérusalem devient ville morte… mais pas plus, me direz-vous, qu’une quelconque ville du centre de la France un dimanche après-midi !

Si nous avions décidé d’aller à Massada puis à Ein Bokek pour échapper à la torpeur de la ville le jour de Shabbat, quelle ne fut pas notre surprise lorsque, à notre retour nous sortîmes avec l’idée de flâner tranquillement dans les rues de la ville. Des chants, des danses, les commerces ouverts au-delà de dix heures du soir, tout n’est qu’insouciance… je remarque cependant quelques vieillards ou peut être simplement de pauvres hères vieillis avant le temps, qui essaient de dormir couchés sur des cartons en pleine rue, indifférents au tumulte et dans l’indifférence générale, une pauvreté discrète tout comme la présence policière d’ailleurs, ce qui n’est pas sans étonner le voyageur nourri des récits alarmistes des médias occidentaux.

Quelques photos => SOUKKOT  et   LE TEMPS DE NOTRE JOIE

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2 réflexions sur “SOUKKOT – LE TEMPS DE NOTRE JOIE

    • Merci Denise d’être un des rares lecteurs de ce journal de voyage ! 🙂
      Bon, il faut bien dire que je ne lui fais pas une grande publicité parce que j’ai davantage envie de le voir et de le faire lire en papier que sur l’écran…

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