ROUTE 90

Y’a une route. Tu la longes ou tu la coupes…*  En réalité, non, cette route, une fois qu’on l’a prise, on n’a plus d’autre choix que d’aller jusqu’au bout…  Mais y’a une route. C’est mieux que rien. Sous tes semelles c’est dur et ça tient.*
[ * Gérard MANSET ]

Lorsqu’on est un juif mécréant à Jérusalem, que peut-on faire d’autre un jour de Shabbat que de prendre la route 90 vers le sud et les plages de la Mer Morte ?…

En quittant la ville, on voit le mur qui sépare Jérusalem de Jérusalem-est, un mur puis des barbelés, un peu comme j’imagine la séparation entre le Mexique et les États-Unis. On se retrouve prisonnier d’une route encadrée de grillages, sans aucune possibilité d’en sortir ni même de s’arrêter, c’est la route 90 qui mène de Jérusalem à Massada à travers la Cisjordanie. De part et d’autre de la route, on aperçoit des villages sortis du fond des âges, des troupeaux de chèvres et de dromadaires. La route est presque déserte et les quelques voitures qui ne manquent pas de nous dépasser, disparaissent rapidement à l’horizon, comme si nous étions les seuls à savoir que la vitesse est limité à quatre vingt dix, car au volant d’une voiture de location, le touriste, dans son délire paranoïaque, pense qu’il a tout intérêt, ici comme ailleurs, à respecter les limitations de vitesse s’il ne veut pas voir apparaitre un policier tenant un terminal de carte bleue  prêt à lui faire chèrement payer sa condition de riche invité. Mais, aujourd’hui c’est Shabbat et même au check point, il n’y a personne… Nous apprendrons plus tard que ce check point est ouvert en permanence, nous sommes très loin de l’image sécuritaire que diffusent les médias européens.

Au bout de la route on arrive à Ein Bokek, ville balnéaire qui possède le charme désuet de ces lieux de villégiature de l’Europe de l’Est d’avant la chute du mur, on y entend parler le russe autant que l’hébreu. Ici, on fait fi du Shabbat et Jérusalem semble bien loin alors que nous ne sommes qu’à une heure de route. On pourrait se croire sur n’importe quelle plage si ce n’était la forte salinité des eaux de ce lac sis à quatre cent vingt mètres au dessous du niveau de la mer, un taux de sel tellement élevé qu’il rend impossible toute vie dans les eaux de la Mer Morte mais qui en fait aussi l’attrait. Ici l’été joue les prolongations jusqu’à la mi-octobre autant pour les touristes que pour les autochtones qui sont en vacances en cette période de Souccot.

EIN BOKEK & DEAD SEA <= click pour voir les photos.

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2 réflexions sur “ROUTE 90

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